Association CAMIN FERRAT
Anecdotes historiques gardoises
Comme c’est Bez-Arre !
« Les ouvriers originaires d'Arrigas vont surtout s'employer, après la guerre, dans deux sites industriels plus proches de notre commune: à Aumessas pour les femmes, dans l'atelier de bonneterie de la famille du Luc (famille de noblesse récente installée sur le causse de Campestre); dans les usines de bonneterie Brun, à Arre, pour les hommes. C'est dans les années 1880 que l'aventure industrielle de la famille Brun prend un essor capital. Antoine Brun impose alors le recours aux métiers mécaniques pour la bonneterie de soie (et supprime ainsi le recours à l'industrie domestique) et introduit les premiers métiers à grand rendement, conçus par William. Cotton, pour ce qui est des bas et autres articles chaussants en coton ou en fil. Cette évolution se trouve renforcée par la création, en 1906, de la première marque au monde de « bas fantaisie » : le célèbre « bas lys » qui, outre la notoriété mondiale qu'il fait acquérir à l'industrie bonnetière cévenole, transforme la famille Brun du statut de simples petits entrepreneurs locaux en l'une des plus grandes familles du patronat industriel français.
En 1924, la seule usine d'Arre emploie 600 ouvriers, auxquels il faut rajouter des effectifs similaires dans les deux autres usines Bruns existant à cette époque, l'une à Saint-Jean-de-Bruel et l'autre à Avèze, dans les faubourgs du Vigan. De nombreux arrigassins ont travaillé, et continuent de travailler, dans les usines d'Arre. En effet, jusque au milieu du siècle, la famille patronale se défie fortement des protestants, souvent enclins à rejoindre le syndicalisme ou les idées socialisantes: les Bruns embauchent plus volontiers des catholiques, dont ceux d'Arrigas, présumés plus dociles et malléables car habitués au discours coercitif de l'Eglise. Le paternalisme joue d'ailleurs à fond, pour le meilleur comme pour le pire: déjà, à la fin du XIX ème siècle, c'est Antoine-Louis Brun qui occupe durant plusieurs décennies le siège de conseiller général du canton d'AIzon, canton dont dépend Arrigas et dans lequel les Bruns recrutent une partie de leur main d'oeuvre. Entre temps cependant, les effectifs sont passés des 600 ouvriers de 1924 à une quarantaine aujourd'hui. Les erreurs commises par la famille Brun aux lendemains de la Libération, aussi bien en ce qui concerne leurs équipements mécaniques que leur stratégie de développement, les ont conduit à se replier sur une activité présente dans leur entreprise depuis 1820, mais beaucoup moins prestigieuse et rémunératrice: la teinturerie.
Avec la « récession » des années soixante-dix et quatre-vingt, la plupart des usines textiles du pays viganais, confrontées à la concurrence redoutable des nouveaux pays industrialisés (N.P.I.), ferment leurs portes, réduisant d'autant les chances d'embauchés pour une population ouvrière globalement peu qualifiée et qui n'a plus le choix qu'entre la préretraite pour les plus âgés ou le départ pour les plus jeunes. Cette période, entre 1965 et 1990. correspond aussi pour Arrigas à la chute de population la plus rapide et la plus brutale. » Régis Bayle (P.50-51 Arrigas à travers l'histoire)
A venir : Photo de la croix ,et de sa plaque, d'Arre
Donner son enfant, c'est quelquefois l'aimer.
Il n'y a pas que dans les pays du tiers-monde (en particulier en Inde) qu'une mère peut se séparer de son enfant en considérant, en toute objectivité, que c'est pour son bien. Au Vigan, dans le Gard, en 1587, Pierre Faucon, boulanger de Montpellier, adopte Jean Bastide, âgé de 3 ans, que sa mère Catherine Villar, veuve de Marsal Bastide, laboureur, du lieu de Molières, paroisse du Vigan, au diocèse de Nîmes, lui donne à cause de sa pauvreté et de sa misère qui l'empêchent de le nourrir.
Côte : Archives départementales de l'Hérault, 2E 56-43 - 12 juillet 1587
De l'Etat, des curés et de la charité
...Il est important, sans doute, que la subsistance des autels soit assurée. Il faut même qu'ils aient dans leurs mains les moyens de soulager les besoins du pauvre, mais c'est l'Etat qui doit y pourvoir, car dans l'Etat nul n'a le droit de lever un impôt que lui même. Ce principe est incontestable, invincible. Que l'Etat cherche donc des moyens autres que ceux qui existent pour fournir honorablement à l'entretien de ses prêtres....Alors seulement ils retrouveront leur plus beau caractère, celui d'amis et de consolateurs des peuples, au lieu d'en être les oppresseurs, et l'indifférence pour la religion ne naîtra plus de la haine pour ses ministres...
Extrait des cahiers de doléances de 1789 Bellegarde - gard