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Association CAMIN FERRAT

A poils les chenilles !

Vous avez sûrement dû remarquer, lors de vos promenades, des boules soyeuses blanches garnissant les rameaux de certains pins. Il s'agit d'attaques parasitaires de la chenille processionnaire du pin (Thaumetopeoidae Pityocampa).

C'est la forme larvaire d'un papillon nocturne bien connue des forestiers méditerranéens qui craignent ses attaques dévastatrices dans les pinèdes. Le terme processionnaire indique que les chenilles se déplacent en file indienne avant d'aller s'enfouir dans le sol.

Entre la mi-juillet et la mi-août, les femelles de ce papillon ordinaire et éphémère, de couleur marron roux, déposent leur ponte (100 à 300 œufs) à l'extrémité des rameaux de pins, formant à cet endroit une sorte de manchon. Les chenilles peuvent parcourir plusieurs kilomètres avant de trouver un arbre qui leur convienne. Ce n'est que quarante jours plus tard environ, en septembre donc, que l'éclosion des œufs libérera jusqu'à 200 petites chenilles affamées qui vont rester ensemble durant tout leur développement. Se nourrissant des aiguilles de pins pour effectuer leur développement larvaire, elles migrent dans l'arbre infecté et forment des nids primaires. En octobre, les chenilles tissent un réseau de soie pour former un nid définitif d'hiver, plus important.

Quelques journées suffisent à une seule colonie pour ravager un arbre. Se nourrissant presque exclusivement d'aiguilles de pin, les chenilles s'attaque à la partie superficielle de celles-ci qui sèchent et meurent. Cette défoliation ne provoque pas, en général, la mort des arbres mais ils resteront plus sensibles aux attaques d'autres ennemis naturels. Enfin, quittant leur nid et l'arbre hôte entre la fin janvier et le début mai, la procession spectaculaire se déplace à la surface du sol avant l'enfouissement de la colonie à une profondeur de cinq à vingt centimètres. Chaque chenille tissera alors son cocon individuel avant de se transformer en chrysalide. Enfin, après un repos apparent qui durera jusqu'au mois de juin environ, se produira la métamorphose de la nymphe en papillon, ultime stade du cycle annuel de cette espèce.

Ce sont les accidents causés aux animaux et aux humains qui doivent nous inquiéter : Ces chenilles possèdent des poils urticants particulièrement nocifs. Il faut éviter le contact car ces poils provoquent des démangeaisons, des œdèmes, des troubles oculaires pouvant aller jusqu'à la cécité, des accidents respiratoires et d'autres symptômes plus ou moins graves suivant les individus. Ces poils se détachent facilement et restent alors en suspension dans l'air. Ils sont encore virulents plusieurs mois après la disparition des chenilles.

La lutte bactériologique contre ces insectes

Pour lutter contre ce fléau l'Office National des Forêts procède à des pulvérisations d'insecticide par hélicoptère à la demande des collectivités mais aussi des particuliers. Le coût de ces pulvérisations est très important de l'ordre de 4500 à 13000 Fr. de l'heure. Il y a peu l'insecticide employé présentait quelques dangers dont les chevaux d'un éleveur du causse de Campestre ont peut-être fait les frais. Depuis plusieurs années, des bactéries naturellement pathogènes pour les insectes sont utilisées comme insecticides dans le domaine agricole. Cette lutte bactériologique reste encore marginale comparée à l'utilisation massive des insecticides chimiques. Mais les nombreux désavantages écologiques de ces derniers vont dans le sens d'un intérêt croissant pour les bioinsecticides.

Le produit employé est biologique , biodégradable, sélectif et sensé ne présenter aucun risque : IL s'agit en fait d'une bactérie, le Bacillus thuringiensis Schiff (Bt) *, qui a la particularité de n'être active que dans l'intestin de la chenille ou peut s'en faut. Toutes ces bactéries sont très spécifiques de leurs insectes cibles et présentent une innocuité totale vis-à-vis de l'environnement et de la faune non cible. Elles infectent leur hôte par ingestion.

A l'heure actuelle, l'utilisation d'insecticides à base de Bt dans le domaine phytosanitaire dans un nombre croissant de pays représente une alternative à l'utilisation, de plus en plus contestée, des pesticides chimiques. L'utilisation des protéines insecticides pour la lutte biologique a deux limitations majeures. D'une part, la persistance de leur activité dans la nature est généralement plus faible que celle des insecticides chimiques et dépend des conditions climatiques : les cristaux sont inactivés par les rayonnements ultraviolets et la pluie provoque un lessivage des produits bactériens. D'autre part, une vaste utilisation du Bt peut entraîner la sélection d'insectes résistants. Des recherches sur des bactéries génétiquement modifiées sont actuellement entreprises pour augmenter l'efficacité et le spectre d'action des produits ainsi que la tentative de créer et d'imposer des plantes transgéniques toxiques aux insectes.

Nous pensons que la priorité devrait toutefois être donnée à des mesures sylviculturales pour garantir un bon couvert végétal en plantant tout simplement des espèces adaptées au sol, au climat et aux traditions locales. Les propriétaires des plantations de pins à vocation commerciale ne pourraient-ils être tenu responsable pour les dangers qu'ils font indirectement courir à la population environnante et au bétail ? Pour le moins ils pourraient faire en sorte de surveiller et traiter leurs parcelles pour éviter tout aléas aux riverains.            

  Assez de pins sur le sol des causses !

* L'entreprise multinationale Aventis produit et commercialise le maïs Starlink génétiquement modifié pour développer son propre insecticide grâce à un transgène issu de la bactérie Bacillus thuringiensis. Ce maïs interdit en Europe, mais autorisé aux Etats-Unis, est réservé à l'alimentation du bétail car susceptible de provoquer des allergies chez l'Homme.

- Cet article a été publié dans le numéro 2 du bulletin de l'association Camin Ferrat "Cheminements" en avril 2001


 CHENILLES PROCESSIONNAIRES ET REFLEXION SUR LE BOISEMENT DES CAUSSES

Il y a tout juste un an nous nous préoccupions de la prolifération de la chenille processionnaire du pin dans nos régions et de l'inertie des propriétaires et de l'ONF. En 1980 déjà, Adrienne DURAND-TULLOU se plaignait «des dégâts causés par les chenilles processionnaires (Fontaret, Le Luc, la commune de Campestre par exemple). Seuls les cèdres paraissent échapper à leur action dévastatrice.» et dénonçait le boisement par les résineux avec les conséquences suivantes : accroissement des risques d'incendie, modification des sols calcaires par acidification, modification du microclimat , uniformisation du paysage et destruction de l'originalité propre du paysage des causses (celle-là même qui attire tant nos visiteurs), et évoquait l'échec de la rentabilité des résineux. (voir : revue du CLUB CEVENOL 1980 N°4).

Les municipalités concernées ont-elles mis en place une réglementation des boisements sur leur territoire comme le préconisait Mme Durand-Tullou ? Nous attendons leur réponse... 

(paru dans le bulletin "Cheminements" n°4)

 

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