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Association CAMIN FERRAT

L’ÂNE DANS LA LITTERATURE

« L’âne, qui passait, lui donna un coup de pied sur la tempe, et dit : "Ça, pour toi. » Lautréamont - Les Chants de Maldoror - Chant III

"Notre eau, le peu que nous en recevions, venait de plusieurs kilomètres à dos de mulets ou de petits ânes martyrs. Je ne sais pour quelle raison les paysans aragonais traitent bien leurs mulets, mais abominablement leurs ânes.Lorsqu'un âne refusait d'avancer, c'était la pratique courante de lui donner des coups de pieds dans les testicules."
George Orwell - Hommage à la catalogne - 1936/1937

"... Il fallait toute la force des poignets et une sacré connaissance de l'engin pour le maintenir dans le droit chemin. C'était buté comme un âne, ça roulait de travers, ça résistait. Il fallait lui parler, l'engueuler, le bousculer, mais, comme l'âne, ça permettait de trimballer une bonne quantité de marchandises. Buté, mais loyal. Il avait appelé son caddie Martin, par déférence pour tout le boulot qu'avaient abattu les ânes d'antan.

L'homme gara son chariot auprès d'un poteau et l'attacha avec une chaîne, à laquelle il avait accroché une grossecloche. Gare au fils de fumier qui voudrait lui piquer son chargement d'épongespendant son sommeil, il trouverait à qui parler. Des éponges, s'il en avaitvendu cinq dans la journée, c'était le bout du monde. Ça lui faisait vingt-cinq  francs, plus les six francs de reste d'hier. Il sortit son duvet d'un sac suspendusous le ventre du caddie, se coucha sur la bouche de métro et s'enroulabien serré. Impossible d'aller se réchauffer dans le métro, il aurait fallu abandonner le chariot en surface. C'est comme ça, quand on a un animal, celademande des sacrifices. Jamais il n'aurait laissé Martin seul dehors. L'homme se demanda si son arrière-grand-père, quand il allait de ville en ville avec son âne, était obligé de coucher près de sa bête dans les champs de chardons. De toute façon, c'était égal, parce qu'il n'avait pas eu d'arrière-grand-père, ni quoi que ce soit de ce genre, de ce genre familial. Mais ça n'empêche pas d'y penser. Et quand il y pensait, ilimaginait un vieux type avec un âne, qui s'appelait Martin. Que transportait l'âne ? Des harengs salés peut-être, ou des draps d'Elbeuf, ou des peaux de mouton.

Lui, il en avait trimballé des trucs à vendre. Tellement de trucs qu'il avait tué à la tâche trois chariots sous lui. Cet âne-ci était le quatrième d'une longue lignée. C'était le premier qui portait des éponges. Quand il avait découvert cette mine d'épongés à l'abandon dans un hangar de Charenton, il s'était cru sauvé."

Fred VARGAS - Cinq francs pièce - nouvelle in Des mots pour la vie - éd.Pocket 2000

 

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