Association CAMIN FERRAT
Les orchidées du Causse
PASSION DES ORCHIDEES / PRINTEMPS 2005 / DIJON
La prochaine conférence mondiale sur les orchidées aura lien en France à Dijon du 11 au 21 mars 2005. une exposition exceptionnelle où vous pourrez admirer des plantes de l'autre bout du monde, Les orchidées étant les seules plantes répandues de l'équateur aux régions boréales. Cette manifestation est couplée avec Florissimo, des floralies de renommée internationale. |
OCHIDOPHILIE : orchis, ophrys et les autres...
Les orchidées sont un genre particulièrement spectaculaire à cause du stratagème employé pour attirer les insectes et assurer leur pollinisation. L’aspect d’une partie de la fleur (le labelle, la pétale plus grande et différente des autres) rappelle un insecte précis et sert de piste d'atterrissage. Il y a plus de 60 espèces d’orchidées recensées sur les plateaux du Larzac sur les cent cinquante que compterait la France.
Orchidées vient du mot Orkhis, qui signifie testicules en grec, mais ne déterrez pas cette fleur pour vérifier la forme des tubercules, au nombre de deux au moment de la floraison. D’ailleurs d’autres orchidées possèdent des rhizomes ou des pseudo-bulbes. Ces fleurs, communes ou rares, ne sont pas toutes protégées localement, mais ce n’est pas une raison... D’ailleurs, le mieux est de considérer que toutes les orchidées sont à protéger.
Ophrys, signifierait « sourcils », et désignait une petite plante à deux feuilles dont on se servait au premier siècle pour teindre cheveux et sourcils. Les pollinisateurs des ophrys, comme d’autres orchidées, sont souvent des abeilles solitaires sauvages, chaque ophrys n’étant lié qu’à une ou deux espèces d’insectes. Elles ont pour nom orphys abeille, araignée, mouche ou bécasse.
Une espèce en danger ?
Les Orchidées sont, pour la plupart, des plantes très sensibles à la modification de leur milieu naturel. L'activité humaine n'est pas la moindre des causes de la raréfaction des Orchidées. Elle peut même apparaître primordiale. Les orchidées ont pourtant presque toutes la chance de fleurir en dehors de la période des vacances. Mais la cueillette ou l’arrachage ne sont pas la principale menace des espèces végétales. La destruction des habitats est le principal danger pour les plantes menacées : pollution atmosphérique, traitements agricoles par pesticides, plantations denses de résineux, fréquentation abusive, création de voies de communication, fermeture des milieux par abandon ou modification des pratiques pastorales sont autant de fléaux difficiles à maîtriser.
Les orchidées sauvages de france sont souvent protégées. Pour une plante visée par une mesure de protection, la destruction, le transport, la commercialisation et l’utilisation sont interdits. Mais les parcelles habituellement cultivées sont exclues de cette mesure.
Nos causses sont de moins en moins sauvages avec l’augmentation des têtes de bovins, malgré la diminution des troupeaux de brebis. « Depuis vingt ans que nous sommes ici, nous avons vu les choses changer très lentement, sous l'effet des engrais, des herbicides, de la plantation de graminées exotiques pour les brebis » explique Herman Van Looken, habitant du Larzac et spécialiste des orchidées. « Les parcelles, sont de plus en plus étendues, et les surfaces sont épierrées au bulldozer ».
La belle et la bête
Ces végétaux mystérieux et fascinants utilisent les parfums, les formes et les couleurs pour attirer les insectes fécondateurs. Le déguisement facilite la pollinisation. Pour attirer abeilles et guêpes solitaires, papillons ou autres insectes, l’orchidée se pare de la forme, la taille, la couleur de l’insecte, et va même imiter la phéromone femelle pour appâter le mâle recherché. Assurément tous ces insectes ont une passion pour orchis, ophrys et les autres (Dactylorhize, Aceras, Gymnadenia, Cypripède, etc), mais ne sont payés en retour que de mensonges par l’élue de leur coeur.
Car si ces fleurs ont la particularité d'assurer leurs propres pollinisations, entre les étamines et le pistil de la même fleur, ce sont les hyménoptères solitaires (dans ces espèces, le mâle éclôt longtemps avant la femelle) qui assurent le transport du pollen entre les deux organes. Et le plus stupéfiant, est qu'il ne s'agit pas de n'importe quelle abeille. Chaque orchidée, a son espèce d'abeille désignée pour sa pollinisation. Cette pratique crée aussi de curieux et fascinants hybrides.
Ces orchidées jouent le rôle de dames de petite vertu plantées sur les boulevards de la prairie pour mâles en manque de femelles. Elles servent de substitut sexuel auprès d’insectes mâles attirés par leurs fragrances. La façon dont s'y prennent les abeilles avec les orchidées peut être torride...
Quand les abeilles cherchent l’amour auprès des orchidées ...
L’orchis sureau qui réside en lisières, sous-bois, prairies et pelouses et plutôt dans le massif de l’Aigoual et du Linguas, se pare de fleurs de couleur jaune ou rouge sur des pieds différents dans une même ère de répartition, produisant ainsi deux couleurs pour une même fleur.
L’orchis sureau ne donne pas de nectar et cela incite les insectes à transporter plus de pollen. Les bourdons qui la fréquentent se trouvent frustrés de ne pas récolter de nectar qui constitue leur nourriture et sont ainsi incités à rechercher une fleur de couleur différente dans l’espoir d’une meilleure récompense. Il en résulte ainsi une sur-fréquentation de la couleur la moins représentée et le maintien de la couleur la plus rare au sein des populations concernées. Sans cette feinte de la plante la couleur la plus fréquente finirait par éliminer les orchis de couleur moins représentée et une seule couleur de fleur occuperait l’ensemble de l’espace.
Vous trouverez les orchidées principalement au printemps, dans des zones ou des biotopes bien précis. Inutile de les chercher dans les terres cultivées, labourées, où des engrais sont répandus régulièrement. C'est plutôt dans les zones moins exploitées, les friches, les garrigues, les pelouses, mais aussi dans les bois de chênes ou tout simplement au bord des routes que vous aurez le plus de chance de les voir.
Comme les insectes, nous contribuons à reproduire et à apprécier les fleurs que pourtant nous ne consommons pas. L’arsenal de séduction mis en place par les fleurs, et les orchidées en particulier, a su nous attacher pour les cultiver et les offrir.